Regardez comme je suis malade, aimez-moi !

Au risque de vous choquer, la maladie confère un statut. On peut s’attacher à la souffrance, non pas dans un acte masochiste, mais pour capter l’attention, la sollicitude, et même l’amour des autres : je suis malade, aimez-moi !
Cette attitude souvent inconsciente peut avoir trouver sa racine dans l’enfance. Pour beaucoup d’entre nous, il nous suffisait de pleurer pour être sortis du berceau, pour être bercés dans des bras accueillants, et pour s’entendre chanter de belles contines. Très jeunes, il nous arrivait de prendre des coups. Et que se passait-il, lorsque nous tombions de vélo ? Nos parents se précipitaient pour voler à notre secours. À grands renforts de mercurochrome et de câlins, nous étions cajolés et devenions une source d’attention majeure.
Alors plus tard, bien plus tard, qui n’a pas remarqué qu’il devenait le centre de toutes les attentions lorsqu’il tombait malade ? De qui prenait-on en premier des nouvelles ? Vers qui convergeaient toutes les attentions ?
Ah, comme il est compliqué de se débarrasser des modèles ancrés au plus profond de notre cerveau !
Le statut de malade devient ainsi une façon de se définir face aux autres. Plus besoin de briller en société grâce à ses qualités physiques, intellectuelles ou professionnelles, pour attirer force respect ou admiration. En se posant en victime, la maladie fait le boulot ! Et elle le fait plutôt bien. Alors pourquoi ôter un si bel habit ? C’est bien connu, les cockers sont plus attachants que les pitbulls.
L’ennui, c’est que peu à peu ce confort affectif devient synonyme de démission et d’abattement. Croyez-moi ! Cette attitude, je l’ai expérimentée. Et elle m’a tellement collé à la peau, que pour m’en débarrasser, j’ai dû énormément lutter. Lutter contre moi-même, mais aussi lutter pour modifier le regard et les projections des autres, non sur moi, mais sur eux-mêmes.
Alors non ! Il n’est pas absolument nécessaire de tomber malade pour tout se faire pardonner ou pour être aimer. Il existe bien d’autres types de comportements que celui d’endosser un costume de victime.
Mais attention ! À l’inverse, jouer les gros bras, refuser toute aide bienveillante, et s’installer dans le déni n’est pas non plus une solution. Se poser des œillères, ou crier à qui veut l’entendre « même pas mal ! » reviendrait à entrer dans le déni. Et le déni fait le creuset de la maladie. Méfiance mes amis ! Dans l’épreuve de force ainsi imposée au cerveau, ce dernier est un adversaire redoutable.
Mais ceci est une autre histoire…
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