La prise de conscience, l’action et la persévérance

Chercher le sens des maladies est une démarche qui remonte à la nuit des temps. Toutes les médecines traditionnelles ont leur propre approche : Taoïste, chinoise, ayurvédique, africaine, … Au cours des périodes obscurantistes, on invoqua les origines divines. Il n’y a pas si longtemps, certains ne juraient que par la systématique des causes psychosomatiques. Avec l’apparition de la théorie du décodage biologique, un nouveau concept est né : le sens symbolique des maladies. Selon ses protagonistes, il suffirait de décoder minutieusement le conflit intérieur à l’origine d’une maladie, pour que le cerveau “ bascule ” et que la guérison s’opère. » Oserait-on en conclure, dans tous les cas, sans action particulière et définitivement ?!
Cependant, le premier à avoir réellement décomposé le démarrage du processus de guérison est Carl Gustav Jung (médecin, psychiatre et psychologue).
Le résultat de ses recherches est lumineux : « La guérison ne commence que lorsqu’un acte est posé ».
En d’autres termes, les prises de conscience sont nécessaires et importantes dans le processus de guérison, mais loin d’être suffisantes. Pour Jung, la guérison repose sur trois piliers : la prise de conscience, l’action et la persévérance.
Se focaliser essentiellement sur l’origine de la maladie, c’est maintenir les patients dans l’illusion que la seule compréhension du déséquilibre intérieur survenu est suffisante. Plus encore qu’une illusion, ne pas évoquer la nécessité d’une action à entreprendre maintient la personne dans un confort improductif.
Rien ne vaut un exemple concret pour illustrer ce point si crucial :
Imaginez que vous vous promeniez à vélo.
Au début de la ballade, vous profitiez gaiement de ce moment bucolique et néanmoins bon pour la santé. Et puis, les kilomètres s’accumulant, vous commencez à avoir du mal à avancer droit. C’est d’ailleurs si flagrant, que vous avez de sérieux doutes dans votre capacité à garder l’équilibre.
Si vous vous concentrez pour en rechercher la raison, vous ne tarderez pas à faire des constatations qui vous permettrons de bien appréhender votre situation : le vélo a besoin d’une certaine vitesse pour rester en équilibre ; la condition sine qua non pour tracer droit est de continuer à pédaler ; si vous avez moins d’ardeur à le faire, c’est que vous êtes fatigué ; sur le plan physiologique, la douleur ressentie aux jambes trahit immanquablement une accumulation d’acide lactique ; …
Désormais, vous avez clairement pris conscience du lien entre le symptôme (les zigzags sur la route) et la cause (la faiblesse de votre pédalage). Si vous pensez que d’autres causes sous-jacentes pourraient être liées, vous allez poursuivre vos recherches. En prenant quelques savants repères, vous constaterez peut-être que vous attaquez un faux plat alors qu’auparavant la pente du chemin était plus favorable ; et puis, vous allez visualiser avec précision la relation entre la force que vous exercez sur les pédales, le rôle démultiplicateur du pédalier et de la chaîne sur le petit pignon arrière, …
Néanmoins, tout le temps qu’elle aura duré, cette réflexion ne vous aura pas permis d’appuyer suffisamment sur vos pédales pour ne pas tomber. Et que croyez-vous qu’il vous arrivera ?
Cela ne fait évidemment pas tout pour que le processus de guérison aille à son terme. D’autres facteurs entrent en jeu. Mais, si à la prise de conscience ne succèdent pas une mise en action concrète adaptée, accompagnée d’une persévérance inébranlable, ce processus n’a que très peu de chance de s’amorcer.
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