Notre cerveau est un grand menteur

Lorsque nous nous trouvons face à une difficulté, ou lorsque nous sommes confrontés à quelque chose de désagréable, comme par exemple l’idée d’avoir à changer nos habitudes et/ou notre comportement, notre cerveau n’hésite pas à transformer la réalité à son avantage.
C’est l’un des stratagèmes qu’il utilise pour résister au changement.
En terme scientifique, cela porte un nom : « la dissonance cognitive ».
Pour illustrer cette tendance fâcheuse, une fable de Jean de la Fontaine est souvent utilisée par les experts. La voici :
« Certain renard gascon, d’autres disent normand,
Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille
Des raisins mûrs apparemment,
Et couverts d’une peau vermeille.
Le galant en eût fait volontiers un repas.
Mais comme il n’y pouvait atteindre :
“Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. “
Fit-il pas mieux que de se plaindre ? »
En langue française d’aujourd’hui, cela donne cela : le renard meurt de faim. En découvrant ces raisins, il constate d’une manière objective qu’ils sont mûrs. La couleur de leur peau vermeille ne souffre aucun doute sur cette réalité. Mais, puisqu’ils lui semblent hors d’atteinte, plutôt que de réfléchir pour se donner les moyens de les cueillir, il préfère se créer une autre réalité et se persuader que, en fait, les raisins ne sont pas mûrs. Autrement dit, il se persuade d’une réalité inverse de ce qu’il pense vraiment.
En se comportant ainsi, il se dédouane de tout effort à effectuer pour remettre en cause son comportement. Et ainsi s’acheter à bon compte une bonne conscience : déni, peur du changement, volonté d’éviter une remise en cause, … Le résultat est le même : il n’y a pas lieu de changer puisque, en transformant la réalité, nous ne sommes plus menacés.
C’est ainsi que nous vivons certaines situations contradictoires avec plus ou moins de bonheur. C’est ainsi que nous fabriquons inconsciemment nos réticences au changement.
Comment faire pour permettre à quelqu’un d’échapper à cet habile contournement de la réalité ?
Puisque le cerveau se joue d’une réalité objective, nous savons maintenant qu’il est inutile de tenter d’asséner des compléments d’informations, quels qu’ils soient, pour conforter une réalité qu’il rejette. Le seul bénéfice que l’on risquerait alors d’engranger serait celui d’apparaître comme un donneur de leçon.
En revanche, pour que la personne enclenche un processus de changement, il est bien plus efficace de susciter chez elle un questionnement. Autrement dit, de susciter une réflexion profonde sur ses habitudes, ses projections, sur ses désirs, sur ses émotions, et sur ses peurs.
Ce n’est pas en traitant frontalement le cerveau de menteur que l’on obtiendra sa participation, active et durable, à l’élaboration d’un processus de changement.
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Les maladies qui interviennent au cours d’une vie ne sont pas uniquement des fatalités. Certes, des facteurs extérieurs peuvent participer à leur déclenchement. Mais nous devons admettre aussi que nous portons une grande part de responsabilité. Nous pouvons donc, ou plus exactement nous devons être “acteurs” de notre guérison, c’est notre mission ! C’est l’esprit des 7 notions que nous diffusons à l’attention des personnes atteintes au cours de leur vie d’une grave maladie.
Pour approfondir la 4è de ces notions à travers des explications théoriques, mais aussi grâce à des témoignages, cliquez ici : « Changer ici et maintenant. S’aligner sur ses valeurs ».