L’ attachement : bon ou mauvais ?

D’après le Larousse, l’ attachement est un « sentiment d’affection, de sympathie ou vif intérêt qui lie fortement à quelqu’un, à un animal ou à quelque chose ». Le Larousse étant un dictionnaire français, rien d’étonnant à ce que cette définition positive soit sous-tendue par la culture occidentale de l’attachement aux résultats et à la propriété.
A l’opposé, d’autres cultures, courants philosophiques ou religions (comme le Bouddhisme) considèrent l’attachement comme une source de souffrance.
Ajoutez à cela les différentes théories psychologiques en vogue, et il devient difficile de se faire une idée claire : est-ce finalement bon ou mauvais pour nous ?
Quand une grave maladie survient, on voit souvent deux comportements opposés se faire face. Il y a ceux qui recherchent un soutien indéfectible auprès de leur entourage, de crainte de ne pouvoir trouver assez de force pour surmonter l’épreuve. Et puis il y a les autres, qui décident de se débrouiller seuls, de peur de déranger, ou encore d’être jugé, rejeté ou abandonné.
Certains encore trouveront un réconfort dans l’attachement matériel ou spirituel, quand ils ne font pas partie de ceux qui misent leur salut dans la recherche médicale et la découverte d’une nouvelle molécule.
Alors oui, tout naturellement, l’être humain semble se diriger vers un comportement d’attachement, mais j’ai surtout envie de vous parler ici de celui qui nous attire irrésistiblement vers d’autres êtres vivants.
Les psychologues évolutionnistes expliquent que ce besoin inné de nous affilier et de former des liens sociaux a été imprimé dans notre biologie. Lorsque nous établissons une relation positive, l’ocytocine, l’hormone qui provoque le plaisir, est libérée dans notre système sanguin, réduisant aussitôt l’anxiété et améliorant la concentration et la motivation. En outre, cela stimule nos systèmes cardiovasculaire, neuroendocrinien et immunitaire, de sorte que plus nous tissons de liens au fil du temps, mieux nous fonctionnons.
Nous sécrétons de l’ocytocine quand nous nous touchons, quand nous nous regardons affectueusement, quand nous nous préoccupons les uns des autres. Comme de nombreuses espèces sociales, nous sommes équipés d’un système d’attachement destiné à assurer notre sécurité.
Ce besoin biologique est tel que notre organisme peut défaillir s’il en est privé. Ainsi, le manque de contact avec les autres peut faire monter la pression artérielle d’un adulte de 30 points, et de nombreuses recherches ont montré que qu’une pénurie de relations sociales est aussi mortelle que certaines maladies, sans compter les dégâts psychologiques.
En revanche, lorsque nous bénéficions d’un fort soutien de notre entourage, nous pouvons accomplir de véritables prouesses en matière de résilience, et même prolonger la durée de notre vie. Selon une étude, les personnes qui se sentent soutenues sur le plan affectif durant les six mois suivant une crise cardiaque ont trois fois plus de chances de survivre. D’après une autre, les femmes atteintes d’un cancer du sein doublent leur espérance de vie après l’opération lorsqu’elles participent à un groupe d’entraide.
Le partage est le symbole du lien d’attachement. Un compagnon est étymologiquement celui avec qui vous partagez le pain. Mais au quotidien, il ne suffit pas de manger à la même table pour se sentir lié. La relation se crée et s’entretient par le partage d’émotions.
En définitive, les chercheurs ont mis en évidence que le soutien social a autant d’impact sur la longévité que l’activité physique régulière ou, en négatif, le tabac, l’hypertension et l’obésité.
Alors, à votre avis… L’attachement émotionnel, bon ou mauvais ?
Bibliographie : « Les chemins de la joie » par Isabelle Filliozat), « Comment devenir un optimiste contagieux » par Shawn ACHOR
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Les maladies qui interviennent au cours d’une vie ne sont pas uniquement des fatalités. Certes, des facteurs extérieurs peuvent participer à leur déclenchement. Mais nous devons admettre aussi que nous portons une grande part de responsabilité. Nous pouvons donc, ou plus exactement nous devons être “acteurs” de notre guérison, c’est notre mission ! C’est l’esprit des 7 notions que nous diffusons à l’attention des personnes atteintes au cours de leur vie d’une grave maladie.
Pour approfondir la 7è de ces notions à travers des explications théoriques, mais aussi grâce à des témoignages, cliquez ici : “Nous ne sommes pas seuls”