Un jour, je suis devenu accompagnant

Jusqu’ici, pour avoir eu la chance d’avoir été accompagné par mon épouse, alors que j’étais devenu grabataire et totalement dépendant, je croyais tout savoir sur la vie d’un accompagnant.
Pour avoir parlé avec elle, pour lui avoir même demandé de restituer par écrit ce qu’elle avait vécu et ressenti, j’étais persuadé d’avoir tout compris : la brutalité du changement de vie ; l’effondrement des routines quotidiennes ; l’effacement de soi au profit du malade ; le risque d’épuisement physique et mental ; l’isolement ; le spleen comparable au baby blues, quelle que soit l’issue (guérison ou disparition) ; …
Et puis, à mon tour, je suis devenu son accompagnant. Et malgré tout ce que je croyais connaître, je suis entré dans un monde inconnu.
Comme en toute chose, il existe un monde entre la théorie et la pratique, le tout mâtiné d’une dimension affective qui vient brouiller les résolutions les plus raisonnables.
Je me suis aperçu que, pour véritablement comprendre ce qui change dans la vie d’un accompagnant, il faut en devenir un soi-même.
Tout ce que l’on peut vous dire, tout ce que l’on peut lire, absolument tout, ne reste qu’un faible éclairage de la nouvelle réalité lorsque l’on bascule de l’autre côté du miroir.
À moins d’en avoir fait son métier, accompagner un être cher c’est plonger dans une vie que l’on a rarement choisie. Mais que faire lorsqu’il n’existe pas de structure adaptée, ou lorsqu’il y va de la volonté ou de l’intérêt du malade, ou encore quand tout simplement le maintien à domicile est la seule option possible ?
Avant toute chose, accepter d’endosser le costume d’accompagnant est déjà un sacré travail à faire sur soi. D’ailleurs, de nombreuses personnes ne parviennent pas à s’y résoudre.
Au moment où j’écris ces quelques lignes, je suis bien en peine de formuler un partage d’expérience particulier.
Le mieux que je puisse apporter à tous ceux, et à toutes celles, qui font le lourd apprentissage de l’accompagnement est encore de les renvoyer à la page du blog qui donne modestement le vade-mecum des personnes dont la vie a fait des aidants. Ensuite, il faut apprendre au fur et à mesure où les difficultés surviennent. En fait, force est de constater que chacun fait ce qu’il peut !
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Pour découvrir les 7 réflexions à l’attention des accompagnants et de l’entourage des malades : cliquez ici