Ne pas rester seul, mais ne pas être TROP accompagné

Renate a 70 ans. Comme la moitié des femmes vivant en région parisienne, elle est célibataire. Elle est à la retraite mais n’a jamais été aussi occupée de sa vie : cours de théâtre, cours de peinture, sport, lecture, quelques actions associatives, sorties avec ses amis. Et puis deux enfants, certes majeurs et indépendants, mais une Maman reste toujours une Maman. Bref, Renate ne voit pas le temps passer.
Elle a accompagné plusieurs patients et aide actuellement une de ses amies souffrant d’une pathologie lourde. Elle est d’ailleurs une lectrice fidèle du blog Mission Guérison et elle adhère complètement à la 7è notion : « ne pas rester seul ». Croire que l’on n’a besoin de personne est une erreur, et s’isoler est un fort mauvais choix.
Et patatras, il y a quelques mois, le ciel lui est tombé sur la tête : diagnostic tardif d’un vilain cancer à un stade très avancé. Pas de chirurgie possible. Mise en place immédiate d’un protocole de chimio lourd. Renate est passée de l’autre coté du miroir.
Un changement de vie radical
Bien entendu ses enfants et ses amis se sont mobilisés pour l’accompagner. Elle n’a pas cherché à s’isoler, au contraire. La mobilisation affective auprès d’elle a été un facteur important pour tenir le coup et pour se projeter dans le combat contre la maladie. Les premières semaines ont été un tourbillon : analyses de sang, scanners, IRM, PET-Scan, rendez-vous multiples avec des médecins inconnus, dans des cliniques et hôpitaux différents.
Renate, qui vit seule, rappelons le, a pris l’habitude de passer de longs moments, en fin d’après-midi et le soir, pour appeler ses enfants et ses amis afin de les tenir au courant de l’évolution. Eux-mêmes, avec beaucoup d’empathie, appellent aussi régulièrement.
Maintenant que le protocole de soins est stabilisé, que sa perruque toute neuve est acceptée et que Renate a « pris ses marques », elle a besoin de faire autre chose que de s’occuper exclusivement de sa santé. Elle a besoin de se remettre à peindre et à lire. Les cours de théâtre sont remis à plus tard, mais quelques sorties avec des amis proches seraient les bienvenues. Seulement voilà : elle n’a plus le temps!
Elle se rend compte que les visites et les coups de fil qu’elle reçoit occupent beaucoup de temps : ce fameux temps qui n’est plus disponible pour elle-même. Cette constatation lui fait mal. Elle culpabilise. “Comment expliquer à mes enfants et mes amis qui sont si proches de moi et qui me font tant de bien, que je voudrais réduire la fréquence ou la longueur des visites et des coups de téléphone?”
Un peu d’organisation
Comme Renate a gardé un solide sens de l’humour, elle se rend compte qu’elle expérimente l’inverse de la fameuse notion « ne pas rester seul ». Elle cherche sur le blog Mission Guérison les recommandations pour ce cas de figure. Et elle ne trouve rien qui la satisfasse vraiment ! Mais comme elle a aussi beaucoup de bon sens, elle a mis en place quelques idées simples et a accepté que nous les diffusions :
– Elle a expliqué simplement son ressenti et son besoin auprès de ses proches, sans culpabiliser, ni tourner autour du pot.
La plupart ont immédiatement compris, se sont réjouis de cette nouvelle étape positive, et s’y sont adaptés. Si un ami avait mal réagi, c’est que la relation était « toxique », et elle était décidée à la mettre en veilleuse, afin de se protéger.
En une semaine, Renate a réorganisé sa vie de patiente accompagnée. Elle a repris la peinture. Elle profite d’autant plus de la chaleureuse sollicitude de ses enfants et de ses amis, qu’elle a d’autres choses à leur raconter qu’un bulletin de santé.
Nous la remercions de son témoignage et lui souhaitons très sincèrement le meilleur pour les mois qui viennent.
Pour aller plus loin et découvrir la 7è des 7 notions à intégrer “Nous ne sommes pas seuls”, lorsque l’on est atteint d’une grave maladie : “Cliquez ici”