Michael Jeremiasz champion olympique de résilience

J’avais décidé de regarder une émission TV sur la résilience. Dès le teaser, je vois apparaître un barbu sympathique, les yeux malicieux qui déclare : « y-a-t-il des choses qu’aujourd’hui je ne fais pas et que je ferais si j’étais valide » ? … « Bah, en fait, je ne crois pas » dit-il avec un immense sourire. Zoom arrière : ce joyeux luron est dans un fauteuil roulant.
Je viens de faire connaissance avec Michael Jeremiasz !
A 36 ans, Michael est un homme comblé : une famille unie, une carrière de tennisman hors norme, 4 médailles olympiques et 5 fois champion de France. Et pourtant, dans son fauteuil roulant, Michael revient de très loin.
A 18 ans, il skie avec son frère et des amis. Ils s’amusent à sauter une bosse, de plus en plus vite, de plus en plus loin, “pour épater la galerie”. Et c’est l’accident, idiot, terrible, effroyable : moelle épinière touchée, il ne remarchera plus jamais.
Passé une première période d’abattement, il décide de relativiser, de transformer sa souffrance en rage de vivre. 9 mois plus tard il est à la fac, un an après, il skie à nouveau…en fauteuil. Il a intuitivement compris que la résilience, ce n’est pas oublier un passé atroce, mais accumuler des événements positifs au présent et ainsi, construire son futur, avec ce dont on dispose.
L’humour est la forme ultime de la dignité
Et le premier ingrédient que Michael met en œuvre, c’est l’auto-dérision.
Sur son lit d’hôpital, trois jours après l’accident, il est bardé de tuyaux, immobilisé les bras en croix, des appareils qui clignotent partout. Il est entouré de ses amis et appelle l’un d’eux d’un regard appuyé et d’un faible mouvement de tête. Son ami se penche vers lui et Michael lui murmure avec la voix éraillée de don Corleone, le Parrain : “ je te demande d’aller tuer celui qui a construit cette bosse…”
Ce qui ne pourrait être qu’une anecdote est en fait révélateur d’une ligne de conduite essentielle chez Michael. Cet humour permanent est son outil pour sortir de son environnement et attaquer la vie sous un autre angle.
L’amour, c’est bon pour la santé
Le deuxième élément du parcours de Michael, c’est l’amour. Bien entendu, après l’accident, il a été immédiatement entouré par ses parents, son frère, ainsi que par ses amis. Mais un jeune adulte a besoin de plus. C’est l’âge de la séduction et des premières expériences amoureuses.
Les premières semaines, il angoisse : tout le bas de son corps, en dessous de la ceinture, est paralysé et insensible. Et puis un matin, il se réveille avec, raconte-t-il avec son humour incroyable, la vue de ses pieds masquée par une protubérance sous le drap : c’est sa première érection post traumatisme. Ouf, il respire.
Les années qui suivent seront “normales” : il va séduire quelques jeunes femmes et rencontre la femme de sa vie. Ils ont maintenant un mignon petit garçon.
L’estime de soi par le sport
Avant l’accident, Michael jouait au tennis, et plutôt bien : classé 5-6. Il décide de continuer, en fauteuil. Il va devenir le tennisman handisport français le plus titré. Il est même le porte drapeau de la délégation française des jeux Paralympiques de Rio en 2016.
Le sport et le dépassement de soi, sont la troisième composante de son parcours de résilience. Après avoir raccroché sa raquette de professionnel, il participe maintenant à des défis et des courses extrêmes, au milieu des compétiteurs valides.
Il a organisé à Roland Garros, “tous en fauteuil” : un événement magique où tout le monde, y compris des personnalités, échangeait des balles sur la place centrale du stade de la porte d’Auteuil. Et Michael a même réussi à faire jouer au tennis-fauteuil, le président Macron !
L’altruisme moteur d’équilibre
Désormais, Michael utilise son expérience de rebond réussi, au service des handicapés. Il a créé une association, “Comme les autres”, dont le nom est la synthèse de son parcours et de ses convictions. On l’a compris, l’objet de cette action est de redonner la confiance et une foi en la vie à tous ceux qui ont subit un traumatisme physique grave.
“ je fais mille fois plus dans cette nouvelle vie que ce que j’aurais pu faire dans l’ancienne”. La résilience n’est plus un concept, c’est du vécu. Merci Michael Jeremiasz !
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Les maladies qui interviennent au cours d’une vie ne sont pas uniquement des fatalités. Certes, des facteurs extérieurs peuvent participer à leur déclenchement. Mais nous devons admettre aussi que nous portons une grande part de responsabilité. Nous pouvons donc, ou plus exactement nous devons être “acteurs” de notre guérison, c’est notre mission ! C’est l’esprit des 7 notions que nous diffusons à l’attention des personnes atteintes au cours de leur vie d’une grave maladie.
Pour approfondir la 6è de ces notions à travers des explications théoriques, mais aussi grâce à des témoignages, cliquez ici : « être optimiste et positif »
==> Pour visionner une video sympa sur Michael Jeremiasz : Youtube
==> Une video plus courte sur page Face Book de Michael FaceBook