Message aux accompagnants et aux aidants

Les accompagnants sont quelquefois aux côtés de malades qui choisissent délibérément de s’isoler, et de repousser toute aide. Ceux-ci le font soit par désespoir, soit parce qu’ils considèrent que leur cas est tellement unique, que personne ne peut véritablement les comprendre et les aider.
Or, on ne le répétera jamais assez :
Ce n’est pas parce que l’on développe une grave maladie ; ce n’est pas parce que les médecins ne disposent pas de thérapies classiques et infaillibles ; ce n’est pas parce qu’il s’agit d’une maladie auto-immune, voire même orpheline ; ce n’est pas parce que tout porte à croire que peu de personnes développent les mêmes symptômes que soi ; bref, ce n’est pas parce que …. qu’il s’agit de raisons suffisantes pour choisir de s’isoler.
Néanmoins, force est de constater que se mettre dans la tête que personne ne peut comprendre est la toute première cause de l’attrait pour l’isolement, et même pour la renonciation inconsciente à tenter de se positionner sur le chemin de la guérison. Ainsi, à croire en l’unicité de son cas, on peut :
– se murer dans une solitude qui ne fait qu’aggraver sa situation pathologique, morale et affective ;
– se considérer comme un cobaye et en tirer une rancoeur aveugle ;
– ou à l’inverse, se prendre pour quelqu’un d’utile, et en l’occurence, pour le défenseur d’une noble cause : être utile à l’avancée de la science.
Ce qui va suivre est peut-être choquant, mais voilà comment peut parfois se traduire d’une façon très objective ce dernier type de comportement : je suis unique, donc je suis important. Mon intelligence et ma supériorité sont reconnues et je peux dialoguer avec un corps médical particulièrement attentif et littéralement suspendu à mes paroles. “Dîtes-moi que je suis le seul malade qui peut vous être utile”. “Dîtes-moi que tous les autres sont morts et qu’en tant que seul survivant, je vous intéresse”. “Dîtes-moi que je fais ceci ou cela mieux que les autres, que je suis le meilleur dans ma catégorie”… Je suis apprécié, choyé et même aimé, comme jamais je n’ai senti l’avoir été.
En résumé, la maladie m’apporte tant de bénéfices que je ne la lâcherais pour rien au monde, même pas pour la guérison.
Ce comportement, je le connais bien. J’ai eu la tentation d’y adhérer personnellement.
Parce qu’il est difficile d’y croire, et/ou, parce qu’il est particulièrement difficile d’oser en parler franchement avec un malade réagissant de la sorte, souvent, les accompagnants se trouvent en grand péril face à cette situation. Le plus généralement, ils décident de jouer le jeu et d’opter pour une stratégie d’évitement.
Dans ces conditions, et en guise de partage d’expérience, il est illusoire pour un accompagnant de croire qu’il pourra aider son proche, à force de dévouement, à se lancer sur le chemin de la guérison. Et plutôt que de s’épuiser à ses côtés, l’accompagnant devra lâcher prise et veiller à se protéger, de telle sorte qu’il ne se perde pas lui-même sur son propre chemin de vie.
Saint Augustin l’avait bien compris, lui qui déclara : « Même Jésus ne pouvait rien pour ceux qui l’écoutaient » … Et oui, encore fallait-il qu’ils croient en Lui, encore fallait-il qu’ils aient la Foi, encore fallait-il qu’ils aient la conviction qu’Il pouvait les aider.
Quelques notions à connaître
Les maladies qui interviennent au cours d’une vie ne sont pas uniquement des fatalités. Nous pouvons être « acteurs » de notre guérison, c’est notre mission ! C’est l’esprit des 7 notions que nous diffusons à l’attention des personnes atteintes au cours de leur vie d’une grave maladie.
Pour approfondir la dernière des 7 notions à travers des explications théoriques, mais aussi grâce à des témoignages, cliquez ici : “Nous ne sommes pas seuls”