L’incapacité à aider l’autre

Lorsqu’une personne souffre à nos côtés, nombreux sont ceux d’entre nous qui accumulons les erreurs et les mauvais réflexes. Les raisons qui provoquent ces erreurs de comportement sont multiples, mais c’est sans conteste l’incapacité à laquelle nous sommes confrontés qui en est à l’origine.
Quel sentiment extraordinairement pénible que l’incapacité ou l’impuissance, quand ceux dont on se sent proche, ou ceux que l’on aime, souffrent ! Inutile de se le cacher, inutile de se prendre pour des super héros, c’est très difficile.
Pour peu que la relation soit encore plus proche ou plus intime, nous donnerions pratiquement n’importe quoi pour les soulager de leurs souffrances, quitte à prendre sur nous les douleurs qui les affligent et encore plus. En effet, qui n’a pas souhaité être emporté par la grave maladie dont son enfant est atteint ? N’est-ce pas dans l’ordre des choses ?
Malheureusement c’est impossible !
Alors, accepter l’incapacité à agir sur le développement de la maladie elle-même est le premier travail qu’un aidant doit faire sur lui. En toute humilité, il doit cesser de croire qu’il est tout-puissant et qu’il a le pouvoir de guérir la personne qu’il accompagne.
En revanche, il peut assumer tout ce qui lui appartient. Et la liste est déjà suffisamment longue : se remettre en question, et ne pas se résigner ; garder en tête que le malade reste une personne à part entière et doit donc être traitée comme telle ; former une équipe autour de la personne à accompagner ; intégrer la maladie comme l’un des acteurs du foyer ; prendre soin de soi-même pour tenir le choc et la distance. Et peut-être la chose la plus importante qui est de renforcer les liens d’amour et d’attachements. Ces liens que mêmes les neuroscientifiques ont consacrés comme aussi puissants que bien des médicaments !
Pour un aidant, assumer ce qui lui appartient, c’est aussi développer sa confiance en la capacité de l’autre (le malade) à assumer ce qui lui appartient : faire face et mobiliser ses forces de guérison.
Car, si primordial soit le rôle de l’aidant, c’est le malade qui guérit. Personne d’autre.
« Tout soutien commence avec humilité devant celui que je veux accompagner, et c’est pourquoi je dois comprendre que, aider n’est pas vouloir maîtriser, mais vouloir servir. Si je n’y arrive pas, je ne peux aider l’autre. »
Søren Aabye Kierkegaard
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