Le couple … à trois : un élément capital à intégrer

Lorsque l’accompagnant est un conjoint, (quel que soit le contrat ou même l’absence de contrat qui le lie à la personne malade), aussi extrême et iconoclaste que cela puisse paraître, le couple n’existe plus: un 3ème personnage s’invite en plein cœur de son intimité !
En effet, à travers son univers médical et hospitalier, sur le plan physique et psychologique, la maladie impose ses contraintes et ses rythmes. C’est ainsi que dans la grande majorité des cas, le couple va passer par toutes les phases suivantes : l’impuissance, la colère, l’injustice, la tristesse et la culpabilité. Ce qui fera la différence entre tous les couples touchés par cette adversité, c’est uniquement la durée de chaque phase.
L’impact de la maladie sur la relation entre conjoints est tellement fort qu’il n’est pas rare que l’un ou l’autre, l’accompagnant mais aussi le malade, remette en question la légitimité du couple en se questionnant sur l’alternative de la séparation. Les unions sont alors souvent en péril, et deux choix se présentent : affronter ensemble ou se séparer.
Affronter cette épreuve ensemble, peut faire grandir le couple et l’amour qui le lie. Mais tout au contraire, si la maladie peut rapprocher, elle peut également faire exploser le couple, même si les deux personnes ont choisi au début de la découverte de la maladie de faire front commun, en conscience et avec la plus grande sincérité.
Par ailleurs, il existe une réalité temporelle que l’on ne soupçonne pas : si les personnes font le choix de rester ensemble, celle des deux qui est bien portante devra apporter tout son soutien à la personne malade encore plus rapidement, et inconditionnellement qu’elle ne le pense, à l’instant où elle aura pris sa décision.
Témoignage d’un accompagnant :
« J’ai cru que j’aurais le temps de m’acclimater à cette nouvelle situation. J’ai cru que je m’habituerais au rythme de l’aggravation de la maladie. Mais je me suis trompée car mon mari s’est immédiatement projeté vers ce qu’elle représentait de pire pour lui ».
Autre témoignage :
« J’ai aussi compris très vite qu’il allait falloir apprendre à vivre dans l’incertitude, et que ni moi, ni lui, n’avions de prise sur le temps. Nous allions devoir vivre avec l’angoisse de l’avenir, même quand la maladie nous offrait quelques répits ».
Chacun aura ses limites, physiques, psychiques et matérielles. Il faudra anticiper au mieux les hauts et les bas. Il est donc primordial de les accepter et d’instaurer au plus tôt un dialogue et une écoute permanente.
Et c’est l’accompagnant qui va devoir adapter profondément son comportement.
Cela vous semble évident ! Vous vous dites sûrement que cela vient tout naturellement à la plupart d’entre nous. Mais c’est compter sans l’aspect affectif qui prend le dessus dans les situations difficiles à vivre. Et évidemment, plus la situation est difficile, moins l’accompagnant garde sa capacité à prendre du recul.
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