Aider un malade jusqu’à l’épuisement
C’est un état qui touche beaucoup d’aidants dont ce n’est pas la profession. L’épuisement peut survenir dans plusieurs cas. Notamment, lorsque la tâche est terriblement lourde et que l’aidant ne trouve plus de raison d’espérer en la guérison de la personne malade, ou au contraire au rythme inversement proportionnel de l’amélioration de santé de celui-ci.
L’une des raisons essentielle est très simple à comprendre. Quand on cherche à aider les autres, il n’est pas rare que l’on oublie tout simplement de s’occuper de soi.
C’est une situation qui touche les accompagnants comme les personnes malades en voie de guérison. Les premières dédient entièrement leur vie à la personne qu’ils accompagnent, les secondes, dès qu’elles se portent mieux, s’empressent de se dévouer aux autres.
L’épuisement tant physique que psychologique survient très souvent sans crier gare.
Or, comment l’aidant peut-il accompagner celui ou celle qui souffre, si lui-même ne va plus bien ?
Certains accompagnants considèrent à tort que s’occuper d’eux-mêmes est un acte égoïste au point de s’en sentir coupables. Il n’en est rien. S’occuper de soi, c’est tout simplement ne pas oublier de vivre sa propre vie.
C’est aussi ne pas fonctionner en surestimant ses propres capacités de résistance.
On comprend mieux la spirale dans laquelle peut s’enfermer un aidant en lisant ce témoignage poignant :
« La disharmonie a été terrible, l’apprentissage de l’abnégation de soi au profit de l’autre, la résilience, la souffrance et la patience sont devenus le lot de mon quotidien ; le lot de chacun des jours, des heures, et de chacune des secondes de ma vie. Je n’avais plus qu’une seule obsession, une seule mission : aidez mon époux à s’en sortir… Et je me suis oubliée ».
Mais concrètement, comment éviter de se précipiter tout droit vers le point de rupture ?
À chacun de composer le cocktails des activités qui lui permettront de se régénérer : prendre l’air, voir d’autres choses et d’autres gens ; veiller à se maintenir en forme ou prendre le repos nécessaire pour recharger son capital énergétique ; continuer à faire des projets personnels ; conserver du temps pour ses loisirs ou ses centres d’intérêts ; passer des moments entre amis sans penser à des sujets qui toucheraient de près ou de loin à la maladie combattue ou à la personne que l’on accompagne ; aller chez le coiffeur, faire du shopping, ou faire du sport.
Hélas, le dévouement d’un aidant ne suffit pas à inciter un malade à se lancer sur le chemin de la guérison. Encore faut-il qu’il le décide par lui-même.
Ainsi, au lieu de s’épuiser à ses côtés, l’accompagnant devra lâcher prise et veiller à se protéger, de telle sorte qu’il ne se perde pas lui-même sur son propre chemin de vie.
Cette mécanique infernale, je la connais bien. Je l’ai vécue. Je peux la démonter comme l’on démonte les plus fins rouages d’une horloge suisse. Je peux l’expliquer simplement à des aidants au bord du burn out. Je sais même leur prodiguer les conseils adéquats afin qu’ils ne sombrent pas tout à fait. Pourtant,
5 – Super-aidant a aussi ses faiblesses
Quand on cherche à aider les autres, il n’est pas rare que l’on oublie tout simplement de s’occuper de soi.
C’est une situation qui touche les accompagnants comme les personnes malades en voie de guérison. Les premières dédient entièrement leur vie à la personne qu’ils accompagnent, les secondes, dès qu’elles se portent mieux, s’empressent de se dévouer aux autres.
L’épuisement tant physique que psychologique survient très souvent sans crier gare.
Or, comment l’aidant peut-il accompagner celui ou celle qui souffre, si lui-même ne va plus bien ? Sans compter que, consciemment ou inconsciemment, le malade ressentira l’épuisement de l’accompagnant et en souffrira.
Certains accompagnants considèrent à tort que s’occuper d’eux-mêmes est un acte égoïste au point de s’en sentir coupables. Il n’en est rien. S’occuper de soi, c’est tout simplement ne pas oublier de vivre sa propre vie.
C’est aussi ne pas fonctionner en surestimant ses propres capacités de résistance.
On comprend mieux la spirale dans laquelle peut s’enfermer un aidant en lisant ce témoignage poignant :
« La disharmonie a été terrible, l’apprentissage de l’abnégation de soi au profit de l’autre, la résilience, la souffrance et la patience sont devenus le lot de mon quotidien ; le lot de chacun des jours, des heures, et de chacune des secondes de ma vie. Je n’avais plus qu’une seule obsession, une seule mission : aidez mon époux à s’en sortir… Et je me suis oubliée ».
Mais concrètement, comment éviter de se précipiter tout droit vers le point de rupture ?
À chacun de composer le cocktails des activités qui lui permettront de se régénérer : prendre l’air, voir d’autres choses et d’autres gens ; veiller à se maintenir en forme ou prendre le repos nécessaire pour recharger son capital énergétique ; continuer à faire des projets personnels ; conserver du temps pour ses loisirs ou ses centres d’intérêts ; passer des moments entre amis sans penser à des sujets qui toucheraient de près ou de loin à la maladie combattue ou à la personne que l’on accompagne ; aller chez le coiffeur, faire du shopping, ou faire du sport.
Voici un autre témoignage pour conclure ce point essentiel :
« Pour tenir le coup, je me suis attachée à trouver des échappatoires pour évacuer tout le stress généré par ce combat. J’ai aussi profité de chaque instant, sans oublier de continuer à voir l’avenir ensemble en continuant à construire et à former des projets, pour éviter de tomber dans la déprime ou d’en vouloir à mon compagnon ».
– Des malades s’isolent tout simplement par désespoir, ou parce qu’ils considèrent que leur cas est tellement unique que personne ne peut les comprendre et les aider. On sait bien que développer une grave maladie, (aussi rare soit-elle, voire même auto-immune aux symptômes uniques, et pour laquelle les traitements ne sont pas infaillibles), n’est pas une raison suffisante pour choisir de s’isoler ou de nourrir une rancœur aveugle et exclusive de tout accompagnement. Mais c’est ainsi et il faut l’accepter : certaines personnes réagissent de la sorte ;




