7 pistes pour vaincre l’Acrasie et la Procrastination

Depuis la nuit des temps, nous agissons à peu près tous de la même façon. Nous souhaitons réaliser de grands projets et atteindre des objectifs. Nous sommes bourrés de bonnes intentions… Et nous sommes des adeptes de l’acrasie et de la procrastination :
- soit nous choisissons l’option que nous savons mauvaise à long terme (c’est l’acrasie) sur le principe suivant : j’ai parfaitement conscience de ce qui est meilleur pour moi dans un temps futur, mais je préfère me faire plaisir tout de suite ;
- soit nous ne passons pas à l’acte en décidant de remettre sans cesse à plus tard ce que l’on devrait faire tout de suite (c’est la procrastination) ;
Objectifs ou voeux pieux ?
Pourquoi se fixer des objectifs que nous savons bons pour nous, sans pour autant se mettre en action pour les réaliser ? Vous avez certainement prononcé plus d’une fois ces quelques mots : « plus tard, je le ferai plus tard … ». Et pire, pourquoi nous arrive t-il si souvent de faire le contraire de ce que nous jugeons bon ?
Les premières réponses qui viennent en tête sont immanquablement : « le manque de volonté », « la peur d’échouer », « le manque de confiance en soi », « la paresse », « la distraction »…
Cependant, dans le cas de l’acrasie beaucoup soulignent la difficulté de préférer un bénéfice dans le futur à un plaisir immédiat. Et de surcroit, non seulement nous avons plutôt tendance à chercher le plaisir et fuir l’inconfort, mais nous préférons aussi le certain et l’immédiat. Il faut dire que toutes ces prédispositions sont bien alimentées par les piliers de la société consumériste moderne.
Des exemples d’acrasie ?
– « Je sais que ce serait meilleur pour ma santé de faire du sport. Mais je préfère jouer à des jeux vidéos, surfer sur les réseaux sociaux, ou regarder la TV en mangeant des chips, des fraises Tagada, ou encore du chocolat… Et pourquoi pas les 3 à la suite ?».
– « Sans même parler de cancer, je sais que fumer embrouille mes neurones, mais je ne résiste pas à la première cigarette qui m’est tendue pour déguster goulument la première bouffée ».
Et c’est tout bêtement ainsi que nous renonçons à faire, ou ne pas faire, ce que nous estimons le mieux pour nous.
Mais alors, comment se donner toutes les chances d’échapper à l’acrasie ou à la procrastination ?
Car la chose est bien embêtante, lorsque l’on décide de se lancer résolument sur un chemin de guérison. Pour cette quête, le moins que l’on puisse avoir … est de la suite dans les idées : se fixer des objectifs, se lancer, et avancer pas à pas dans des démarches qui sont souvent exigeantes et guère agréables.
Voici 7 pistes, à prendre indifféremment dans l’ordre ou le désordre, qui ont fait leur preuve, et que je suis ravi de partager avec vous :
1/ Conserver ou/et se créer des objectifs ayant un lien (même superficiel) avec tout ce qui peut être, pour vous, source de plaisir et de joie. Il s’agit simplement, et c’est énorme, de retrouver le gout de se faire plaisir et de vibrer dans une dynamique positive. Outre le fait que votre cerveau secrètera toutes sortes de substances énergisantes et réparatrices, cela vous permettra de vous tourner résolument vers l’avenir avec le désir de transformer votre réalité du moment ;
2/ Si vous n’avez pas la chance de vous lancer dans l’action avec l’un de vos proches, amis ou collègues, parlez-en ! Exprimez vos convictions et annoncez votre engagement ! À chaque fois que vous les verrez, d’une manière ou d’une autre, vous aurez à en reparler… ;
3/ Faites des to-do List et mettez partout des post It pour vous rappeler ce que vous avez à faire. Vous êtes un mordu de l’ordinateur ? Faites apparaître automatiquement à l’écran des messages de rappels par l’intermédiaire de votre calendrier ou de votre bloc-notes. Leur efficacité est prouvée. Scientifiquement prouvée. Ce sont des pense-bêtes, mais aussi des messages subliminaux que votre cerveau enregistrera parfois même à votre insu. Et si vous voulez optimiser cette démarche, planifiez chaque activité (quand et comment) ;
4/ Moduler le temps et l’espace pour adapter votre effort en fonction de ce que vous savez pouvoir tenir.
Le mieux est de prendre un exemple concret : vous avez décidé de pratiquer une activité physique pour améliorer votre autonomie de marche. Alors, au lieu d’inscrire sur votre agenda “3 balades de 1h30 dans une forêt située à 20 minutes de voiture de chez vous”, commencez plutôt par sortir de chez vous au moins une fois par jour en ne prenant pas l’ascenseur. Ou alors faites 10 minutes de marche tous les jours dans votre jardin, si vous avez la chance d’habiter dans une maison individuelle ;
5/ Inscrire ce que vous avez décidé d’entreprendre avant ou après des habitudes quotidiennes.
Pour reprendre notre exemple ci-dessus, si tous les jours vous allez chercher du pain chez le boulanger, c’est l’occasion rêvée de ne plus prendre l’ascenseur.
Vous n’aurez aucun mal à lister vos habitudes. Il vous suffit juste de choisir celle qui sera le plus adaptée à l’activité liée à l’un de vos objectifs ;
6/ Ne pas hésiter à vous mettre (raisonnablement) en danger. Une légende court à propos de Victor Hugo. Incapable de tenir les délais imposés par son éditeur, il aurait jeté tous ses vêtements. Ainsi, il n’a plus été tenté de sortir de chez lui avant d’apposer le point final à son manuscrit (« Notre Dame de Paris »). Grâce à ce subterfuge, il l’aurait même terminé en avance !
7/ Adopter des outils d’évaluation et créer des points de repère qui vous permettront de mesurer l’étendue de vos progressions. Cela vous procurera de précieuses occasions de vous féliciter. On a trop tendance à oublier le chemin extraordinaire déjà parcouru.
Les maladies qui interviennent au cours d’une vie ne sont pas uniquement des fatalités. Nous pouvons donc être « acteurs » de notre guérison, c’est notre mission ! C’est l’esprit des 7 notions que nous diffusons à l’attention des personnes atteintes au cours de leur vie d’une grave maladie.
Pour approfondir la 5 ème de ces notions à travers des explications théoriques, mais aussi grâce à des témoignages, cliquez ici : « Faire des projets »
PS : L’acrasie et la procrastination sont des sujets qui vous passionnent ? Socrate, Aristote, Spinoza, Elster vous aideront à faire le tour de la question.