Loïc Blaise – « L’envie, c’est un moteur tellement puissant »

Voilà le type de témoignage et d’engagement qui me fait vibrer. Déjà, le projet en lui-même fait partie de ce qui me redonne foi dans l’être humain. Quand en plus, celui-ci est lancé après le diagnostic d’une maladie dégénérative et qu’il dépasse la simple dimension du combat personnel contre la maladie pour devenir un combat pour la santé de la planète, je me sens transportée. Littéralement. C’est l’effet « Waouh !», de voir comme certains peuvent dépasser l’adversité pour devenir plus forts et plus altruistes encore - voire, se découvrir forts et altruistes.
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Mission Guérison vous le répète souvent : une grave maladie peut être l’occasion de transformer votre vie et celle de vos proches en quelque chose de plus beau. Non, cela n’est pas réservé aux plus costauds d’entre nous que de pouvoir se dire : « la maladie est ce qui m’est arrivé de meilleur dans ma vie. »
Loïc Blaise, aviateur et explorateur, est le premier à avoir réussi le tour du monde par le cercle polaire arctique à bord du Polar Kid, un prototype d’hydravion électrique alimenté à l’hydrogène. Son projet écocitoyen est né après qu’un diagnostic de sclérose en plaques l’a privé de sa licence de vol, en 2012.
Voici un extrait du podcast dont vous trouverez le lien à la fin de cet article, qui décrit admirablement la puissance de l’envie et des projets pour se transcender.
« Je volais jusqu’en 2012 sur un hydravion des années 30 qui était magique, dont j’étais fou amoureux, d’ailleurs... Et en 2012, on m’a diagnostiqué une sclérose en plaques, et tout s’est arrêté. Je n’avais plus le droit de voler… Et moi, je ne voulais pas redevenir vulnérable, retourner par terre dans un monde où les gens trichent, où ils se marchent dessus, un monde sans politesse, bruyant… Je ne voulais pas.
J’avais les deux à la fois :
- Il fallait encaisser le fait d’avoir une maladie dégénérative, une sclérose en plaques. Dégénérative, ça veut dire que chaque jour, c’est moins bien que la veille.
- Et puis en même temps se dire, bon ben voilà, maintenant tu es terrien… tu vis par terre…
Et au début pour moi, c’était absolument inacceptable. J’étais fou de colère en fait, et puis de chagrin. Ce n’est pas un métier, pilote. C’est au-delà de ça, il y a quelque chose de passionnel, il y a cette sensation de liberté dans les trois dimensions. C’est très difficile de s’en passer quand on ne peut plus. D’un seul coup, toute ta vie se retrouve mise à la poubelle, et moi ça m’avait demandé tellement d’efforts d’en arriver jusque-là.
J’ai mis deux ans à me remettre en marche, un peu, et à commencer à chercher des solutions. (…) C’était la première fois en 2 ans que je voyais un peu de lumière en fait, un truc auquel s’accrocher. C’est Cyrulnik qui dit ça : il ne peut pas y avoir de résilience s’il n’y a rien à quoi s’accrocher, s’il n’y a pas une « corde ». Du coup j’ai été un peu obligé de comprendre, car on se met à réfléchir de manière holistique que la maladie, l’environnement, que la santé du monde qui m’entoure c’est ma santé à moi, c’est la même chose. On ne peut pas dissocier les deux, même si on a l’habitude de vivre en dehors du réel, dans nos sociétés où on n’est plus au contact de la Terre. C’est devenu une évidence, et je me suis dit que je ne pourrais jamais guérir dans un monde malade. Et qu’il fallait faire quelque chose ».
Pour finir, avant de vous laisser écouter l’odyssée extraordinaire de Loïc Blaise, je vous laisse méditer l’introduction que vous trouverez sur le site internet du Polar Kid:
À 34 ans, Loïc est pilote sur un hydravion légendaire, le PBY Catalina, un patrouilleur-bombardier vétéran de la Seconde Guerre mondiale, quand le diagnostic tombe : la sclérose en plaques l’oblige à déposer ses ailes. Trois ans plus tard, il se souvient qu’un aviateur meurt s’il renonce à se battre et lâche les commandes. Il saisit une dernière chance de s’envoler et de renouer avec le voyage auquel il a consacré sa vie. De partir à la rencontre de l’Arctique, de ses peuples et sa faune, pour défendre une idée simple : qu’il s’agisse de la maladie ou de notre planète, la lutte n’est perdue que si l’on baisse les bras.
Lien vers le podcast :
https://soundcloud.com/thecamp_provence/loic-blaise-lenvie-cest-un-moteur-tellement-puissantLes maladies qui interviennent au cours d’une vie ne sont pas uniquement des fatalités. Certes, des facteurs extérieurs peuvent participer à leur déclenchement. Mais nous devons admettre aussi que nous portons une part de responsabilité. Nous pouvons donc, ou plus exactement nous devons être « acteurs » de notre guérison, c’est notre mission ! Voilà l’esprit des 7 notions que nous diffusons à l’attention des personnes atteintes au cours de leur vie d’une grave maladie.
Pour approfondir la 5ème de ces notions à travers des explications théoriques, mais aussi grâce à des témoignages, cliquez ici: "faire des projets et se fixer des objectifs"