Jamais malade ? Toujours souffrant ?

Écouter son corps, écouter ses symptômes. Voilà une recommandation qui peut donner lieu à un sourire peu flatteur, un simple haussement d’épaules, tout comme déboucher sur des réactions d’hypocondriaques.
« Moi, je ne vais jamais chez le médecin ! De toute manière, ce sont tous des charlatans. Et puis, il faut bien mourir de quelque chose, alors si je commence à m’inquiéter dès que j’ai quelque chose de travers, hein… »
« Oh la laaaa… Je tousse depuis 3 jours !! Il paraît qu’un cancer de la gorge commence toujours comme ça… Si ça se trouve j’en ai un ! Je dois passer une IRM de toute urgence ! »
Toute ressemblance avec des personnes existantes, ou ayant existé, est bien entendu purement fortuite…
En matière de santé, on a tous connu quelqu’un dans notre entourage qui aurait pu prononcer ces mots. Ces deux réactions sont bien sûr poussées à l’extrême, mais, n’en déplaise à ceux qui se reconnaissent dans la première catégorie, il s’agit dans les deux cas d’un déni de la maladie.
Or, tout déni est fondé sur une peur consciente ou inconsciente. Par la pensée magique, nous espérons éviter ce que nous craignons tant. De même, l’hyper-vigilance nous donne l’illusion d’une toute-puissance de notre esprit sur notre corps afin de le contrôler, faisant temporairement diminuer notre angoisse.
Et puis, le rythme effréné de notre société nous aide aussi à ne pas penser, zappant d’une tâche à une autre, d’un écran à l’autre, nous étourdissant de toujours plus d’activités. D’ailleurs, la recherche de l’efficacité est devenue le Graal moderne, on ne compte plus les « dating » pour trouver l’âme sœur ou le boulot de ses rêves en 5 minutes.
J’ai même vu une méthode permettant de lire plus vite, afin d’être capable d’absorber en un temps record mails et rapports s’empilant dans nos boîtes de réception.
Alors ? Ne rien faire étant assimilé à la paresse, comment trouver du temps pour écouter ce que nous dit notre corps ?
Et c’est ainsi qu’un jour, sans prévenir, une maladie psychique ou physique nous tombe brutalement dessus, nous obligeant à regarder en face ces signaux d’alerte que nous avions préférés ignorer.
Avant d’en arriver à cette extrémité, apprenons donc à écouter nos symptômes.
Attention ! Il ne s’agit pas d’être dans la peur de ce qui peut arriver – ce qui est une projection vers l’avenir de quelque chose dont on ignore totalement si elle arrivera effectivement.
Il ne s’agit pas non plus d’être dans la peur de ce qui pourrait survenir à nouveau – ce qui est la crainte superstitieuse qu’un évènement passé désagréable ne se reproduise.
NON ! Écouter son corps, cela signifie recevoir une information de son état, ici et maintenant.
Pour le faire sans vous laisser envahir par vos émotions, vous pouvez pratiquer le « scanner mental », le matin à votre réveil. Voici comment le réaliser :
– Respirez tranquillement et profondément, en vous focalisant sur l’inspire et l’expire
– Visualisez votre corps, et scannez-le mentalement depuis le sommet de votre crâne jusqu’à la pointe de vos orteils.
– Repérez les zones de tension, d’inconfort ainsi que les douleurs éventuelles. Concentrez-vous sur ces zones et, tout en respirant calmement, détendez-les volontairement.
– Appréciez de sentir votre mâchoire se décrisper, votre nuque s’assouplir, vos doigts se déplier. Sentez votre respiration devenir plus ample.
Cinq minutes de cet exercice quotidien suffisent à démarrer la journée du bon pied, conscient de votre état physique et mental, ici et maintenant.
Pour aller plus loin et découvrir, “Écouter les symptômes”, la 3è des 7 notions à intégrer, lorsque l’on est atteint d’une grave maladie :cliquez ici