Comment activer notre faculté de résilience pour guérir

La résilience, c’est « La capacité à réussir, à vivre et à se développer positivement, de manière socialement acceptable, en dépit du stress ou d’une adversité qui comporte normalement le risque grave d’une issue négative. »
Ceux qui ont eu la chance de visiter l’Asie ont sans doute vu des éléphants chevauchés par leur cornac, en train de tirer des troncs d’arbres ou de transporter des matériaux dans des zones difficiles d’accès. Le cornac est à la fois le maître, le guide et le soigneur. Assis sur son cou, il communique avec l’animal par l’intermédiaire de mots, de gestes et de mouvements de pieds.
En neurosciences, on utilise souvent de façon imagée cette relation pour représenter les interactions entre le cortex préfrontal, siège du raisonnement, et les cerveaux limbique et reptilien, sièges des émotions et des instincts ancestraux.
L’éléphant ne se laisse pas diriger sans être d’accord. Si son cornac veut le contraindre à aller dans une certaine direction et qu’il n’y est pas disposé, il sera aussi têtu qu’un mule.
L’homme préhistorique et le tigre aux dents de sabre :
Quand on est confronté à un changement, la petite voix de notre cortex préfrontal nous explique tous les bénéfices que nous en retirerons. Mais simultanément, des émotions contradictoires nous envahissent : nous craignons cette nouvelle situation, et nous sentons parfois submergés par la peur et le sentiment d’insécurité. Tant que nos émotions n’iront pas dans le même sens que notre raison, nous n’arriverons ni à changer, ni à accepter le changement.
Pour comprendre cela, il faut revenir aux temps préhistoriques. Depuis toujours, le cerveau de l’Homme a comme unique leitmotiv sa survie. Pour atteindre ce but, il a développé une stratégie très simple : éviter les menaces et rechercher des sources de récompense. Mais entre les deux, éviter les menaces était de loin le plus important. Ainsi, pour survivre face à un tigre aux dents de sabre, notre ancêtre avait trois possibilités : combattre, fuir à toutes jambes ou se terrer dans sa cachette. La peur du danger était alors bonne conseillère, et c’est la raison pour laquelle notre cerveau a développé cinq fois plus de connexions neuronales dans la détection des dangers que dans la recherche des récompenses.
La peur du changement
Cette réaction est encore solidement ancrée dans nos cerveaux d’Homo Sapiens Sapiens.
Toute incertitude étant assimilée par notre cerveau à un danger, et tout changement étant par nature défini comme une incertitude de l’avenir, notre cerveau reptilien nous conduit droit vers la spirale négative suivante :
Face à une grave maladie, nous devons également affronter de nombreux changements, internes comme externes, et notre première réaction est donc la peur.
Mais comment sortir de cette spirale infernale et activer nos capacités de résilience ?
Eh bien heureusement pour nous, les neuroscientifiques ont identifié que de se focaliser sur la récompense plutôt que sur la menace potentielle transformait ce cercle vicieux en cercle vertueux :
Bien que cela puisse vous sembler insurmontable de prime abord, faites l’exercice : imaginez et concentrez-vous uniquement sur les effets positifs du changement causé par la maladie, aussi minimes soient-ils. Occultez volontairement vos peurs de dangers potentiels. Concentrez-vous, encore et encore. N’oubliez pas qu’il faut cinq fois plus de stimuli positifs que de stimuli négatifs pour inverser la tendance.
Persévérez ! Votre cerveau, en activant les circuits neuronaux de la récompense, vous aidera ainsi à progresser pour entrer en résilience et marcher sur la voie de la guérison.
Et pour aller plus loin et découvrir la 1ère des 7 notions à intégrer lorsque l’on est atteint d’une grave maladie, cliquez ici : « C’est toi qui guéris »