LA BEAUTÉ COLLATÉRALE DU KINTSUGI

Et si l’on guérissait, en ayant acquis une beauté collatérale ?
Quel patient n’a pas affronté, dans la solitude de ses nuits blanches, le sujet qui taraude : désormais, je ne serai plus le même. Les conséquences physiques de ma pathologie et ses cicatrices, vont me déprécier.
Et si c’était le contraire ?
La réparation des céramiques brisées
Le kintsugi, “jointure en or “ en japonais, est une méthode de réparation des céramiques brisées avec une laque saupoudrée de poudre d’or. Le kintsugi relève d’une philosophie qui prend en compte le passé de l’objet, son histoire et donc les accidents éventuels qu’il a pu connaitre. La casse d’une céramique ne signifie plus sa fin, mais un renouveau, le début d’un autre cycle. Il ne s’agit donc pas de cacher les réparations, mais de mettre celles-ci en avant.
Certes l’harmonie de la perfection est attirante. Mais le mystère et la richesse du complexe ne le rendent-ils pas plus beau ? Imaginez cette coupe intacte, puis comparez avec la coupe réparée : les deux sont belles, différemment.
Ce qui est valable pour les céramiques ne l’est-il pas aussi pour nous ?
Le meilleur reste à venir
Nous guérissons en étant plus complexes : curieusement notre pathologie nous a cabossés mais enrichis. Oui, nous ne pourrons sans doute plus pratiquer tel sport ou telle activité, mais ainsi nous aurons du temps libre pour faire d’autres choses. Ces autres choses dont nous avons tellement rêvé sans jamais nous y mettre. Et puis notre cerveau, notre sensibilité, notre regard ont changé : le meilleur reste à venir avec notre nouvelle vie.
Le problème c’est que nous sommes obnubilés par la perte. Et du coup, nous sommes inconscients de notre nouvelle richesse, de cette beauté collatérale, de ces possibilités et de ces découvertes qui s’offrent à nous.
La bonne nouvelle
La bonne nouvelle, c’est que nos proches, nos amis, eux, vont vite s’en rendre compte. Ainsi, à notre égard, ils passeront rapidement de la compassion à la surprise, puis, sans doute à une forme d’admiration. Avouons que cela fait du bien, même si cette satisfaction d’ego est éphémère et que le principal reste la richesse de notre nouvelle existence.
Voilà de quoi rester optimiste et positif !
Pour revenir au kintsugi : certains collectionneurs, épris de cet art, ont été soupçonnés d’avoir délibérément cassé de précieuses poteries afin qu’elles puissent être réparées avec les coutures d’or du kintsugi.
C’est là que l’on atteint la limite de la comparaison : personne ne peut nous soupçonner d’avoir souhaité notre pathologie !
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Pour aller plus loin et découvrir la 6è des 7 notions à intégrer lorsque l’on est atteint d’une grave maladie, cliquez ici : « être optimiste et positif »