La Conviction Absolue

Lorsque Christophe Colomb s’est embarqué sur l’océan en mettant résolument cap à l’Ouest, il avait la conviction absolue qu’une terre existait au-delà de l’immensité des flots qu’il avait sous les yeux.
Certains de ses marins avaient confiance en leur capitaine, d’autres l’avaient suivi en étant animés par l’appât du gain. La reine d’Espagne avait peut-être un faible pour cet aventurier, le roi avait surtout l’espoir d’augmenter sa puissance et sa fortune.
Mais Christophe Colomb, qui n’était certainement pas dénué d’envie de gloire et de richesse, avait avant tout cette conviction absolue qu’il découvrirait un nouveau continent.
La plupart de ses contemporains le prenaient pour un fou : à son rêve, à sa vision, ils opposaient « la vérité » officielle (du moment) : la Terre est plate, au bout de l’océan il y un grand vide abyssal.
La Vérité
La vérité c’est la parole des médecins, les images du scanner ou de l’iRM, les résultats du labo.
Quand le diagnostic est posé et communiqué au malade, il est trop souvent influencé par une croyance négative parfois doublée d’une communication désastreuse. L’effet est si souvent ravageur qu’avec une perte de confiance au moment le plus critique, on peut constater chez beaucoup de personnes une aggravation immédiate des symptômes.
Et que dire de la fréquence des campagnes de dépistage, ou des examens de contrôle, qui plonge régulièrement les patients, pourtant en rémission, dans une situation d’angoisse et de perturbation de leur confiance.
Avoir confiance, c’est choisir d’avoir confiance dans son médecin, dans son traitement, et d’avoir confiance en soi. Quand ces 3 conditions ne sont pas réunies, les difficultés augmentent et la capacité de guérison s’en trouve amputée. En particulier, le manque de confiance en soi fait le lit du découragement et de l’abandon.
Or, la vérité officielle (du moment) vient inéluctablement impacter la confiance en soi.
Et c’est précisément à ce moment là que la conviction absolue peut pointer le bout de son nez.
Le match Conviction vs Vérité
C’est moi qui guéris. Ce n’est ni le médecin, ni le radiologue, ni le laborantin. Certes, j’ai confiance en eux, mais c’est moi qui guéris. Eux ont la conviction apportée par le factuel de l’instant. A moi d’avoir la conviction que la vérité va changer.
Celui qui remporte la victoire n’est pas nécessairement le plus fort, c’est celui qui avait la conviction absolue qu’il en était capable
Cette conviction absolue personne ne peut me l’apporter. Elle n’est pas issue d’un raisonnement, ni d’une recherche de preuves. Ceux qui croient n’ont pas besoin de preuve, et ceux qui ne croient pas n’en cherchent pas. Et attention, ma conviction doit être absolue, sans faille ni faiblesse : le moindre doute et patatras, tout s’effondre.
La mesure cérébrale de la conviction absolue, c’est 1. La mesure de la non-conviction c’est zéro. Que se passe-t-il si quelques doutes s’immiscent dans ma conviction ? La mesure va passer de 1 à 0,95 par exemple. Bon, allez vous me dire : 0,95 ce n’est pas mal non ? c’est déjà plus que la mention “très bien” au bac ! Oui, mais attention : la conviction habite dans votre cerveau. Et votre cerveau ne comprend que 1 ou zéro. 0,95 pour lui, c’est zéro.
Pour les réfractaires aux mathématiques, deux phrases de Christian Bobin :
« La vérité est ce qui brûle, la vérité est moins dans la parole que dans les yeux, les mains et le silence. La vérité, ce sont des yeux et des mains qui brûlent en silence »
Dans son match contre la Conviction, la Vérité, qui est fluctuante et évolutive par nature, a perdu d’avance. La conviction absolue finira toujours par entrainer la vérité sur son chemin : je vais guérir, ou, a minima, ma maladie va régresser.
A la recherche de la Conviction absolue
La conviction absolue de la guérison n’est pas un état définitivement acquis. Ne serait-ce que parce que s’il est difficile mais possible, de maîtriser la partie consciente de notre cerveau, maitriser à 100% les autres niveaux de conscience l’est beaucoup moins.
Pour alimenter et renforcer sa conviction absolue, quelques notions clefs : l’acceptation, la fluidité, la paix et la confiance
On ne peut développer la confiance en soi que si on s’aime inconditionnellement, quel que soit l’état physiquedans lequel on se trouve. S’aimer soi-même n’est pas une forme d’égoïsme. Non ! C’est tout bonnement un acte primaire de survie. On ne peut pas à la fois se lamenter, se plaindre et se demander d’aller mieux. Et n’oublions pas qu’un billet de 50 €, même froissé, piétiné, plié en 16, boueux… a toujours la même valeur, aux yeux des autres, et surtout, à mes propres yeux.
La maladie et ses conséquences sur mon corps n’ont rien changé à ce que je suis. Il n’y a aucune raison pour considérer que je suis déprécié.
Voilà pourquoi acceptation, fluidité, et paix sont des conditions nécessaires préalables à la conviction absolue. A chacun de trouver sa voie personnelle pour cela.
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Les maladies qui interviennent au cours d’une vie ne sont pas uniquement des fatalités. Nous pouvons donc être « acteurs » de notre guérison, c’est notre mission ! C’est l’esprit des 7 notions que nous diffusons à l’attention des personnes atteintes au cours de leur vie d’une grave maladie.
Pour approfondir la 2 ème de ces notions à travers des explications théoriques, mais aussi grâce à des témoignages, cliquez ici « Avoir confiance»
Comme c’est exact … Le doute qui pointe parfois insidieusement le bout de son nez peut faire s’effondrer la conviction absolue qu’on s’est patiemment forgée… conviction qu’on allait guérir, aller mieux, que le pire est passé et que le meilleur reste à venir. Le doute est piquant, violent, soudain, et il faut à nouveau refaire l’effort de le rejeter pour que la conviction, rassurante, nous apaise à nouveau. Tu l’as très bien écrit.. . Merci Alain.
un petit “errata” historique.. Christophe Colomb était convaincu, d’après ce qu’il avait apprit à l’époque, que la terre est ronde et non aplatie, et c’est à partir de cette idée qu’il a pensé regagner l’inde, “terre des épices et de la soie”, qu’ils était obligé d’atteindre avec ses compatriotes au travers le cap “Erraja Essalih” (aujourd’hui l’Afrique du sud), en détournant celui-ci en faisant le tour de la terre.. il n’était jamais en quête de découvrir une nouvelle terre.. c’est ainsi qu’en atteignant cette nouvelle terre (déjà connu par les anciens, puisque déjà peuplé), il a cru avoir attient la terre des indes et a appelé, faussement, ses habitants “des Indiens”.. le monde était obligé par la suite d’inventer un autre nom pour les vrai habitants de l’Inde, en les dénommant “Indous”.. Bref, en ce qui concerne la conviction, seule celle de savoir qu’on est vraiment malade et suivre cette conviction par l’acceptation, qui pourrait avoir un impact positif sur le bien-être du malade, autrement on donnerait un faux nom à une réalité qui est tout autre..