Le poids des attentes

Passer son baccalauréat scientifique parce que la filière littéraire ou professionnelle est un aveu d’échec. Travailler du lundi au vendredi de 9h à 18h dans une grosse compagnie d’assurances et attendre le week-end et les congés pour enfin vivre. S’occuper de ses enfants, de la tenue de la maison, de son mari, être la parfaite épouse et mère 24H/24 et 7j/7 parce qu’on « ne travaille pas ». Construire sa carrière pour grimper (vite) les échelons, avoir un poste à responsabilités et un gros salaire, mais pas de vie privée. Acheter une belle maison, un SUV, avoir deux enfants (une fille et un garçon) et posséder tous les signes extérieurs de réussite avant 35 ans, mais avoir la sensation qu’on a raté sa vie...
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Ça vous parle ? Espérons que non. Et pourtant, bien des gens vivent ce genre de situations en les trouvant tout-à-fait normales, jusqu’à ce que quelque chose casse. Certains attendent la quarantaine pour tout foutre en l’air, d’autres tombent malades ou ont un accident grave, quand ils ne prennent pas leur retraite tant attendue et développent cancer ou dépression dans les mois qui suivent.
Mission Guérison vous a souvent rappelé qu’une grave maladie est un révélateur d’une dissonance profonde entre ce qu’on fait dans sa vie et qui on aspire à être vraiment. Alors, si un drame personnel vous arrive, acceptez l’idée qu’il soit peut-être là pour vous permettre d’avoir ce déclic et ainsi de vous aider à vous recentrer, à trouver la paix intérieure et la joie profonde à laquelle tout être vivant a le droit d’aspirer.
Voici la belle histoire de Laurence, qui illustre tout ce que les épreuves de la vie et la faculté de résilience permet d’accomplir.
Laurence Perceval 39 ans
Avant : Crée les premiers “clubs d’entreprise” en France et développe une société de lunetterie à New York
Après : Rachète l’hôtel des Deux Abbesses et redonne une âme à un petit village médiéval auvergnat (Les Deux Abbesses, 43300 Saint-Arcons-d’Allier. T. : 04.71.74.03.08)
Je revenais de New York où j’avais développé une entreprise de lunetterie. Professionnellement j’étais au top, et pourtant, je me sentais dans une impasse. Là, j’ai eu un très grave accident de cheval : je me suis retrouvée à l’hôpital, paralysée du nombril aux doigts de pied. Je me suis battue un an pour retrouver l’usage de mes jambes. Ma boîte s’est “séparée” de moi, mon mec aussi. Je remarchais, certes, mais je n’avais qu’une envie : passer sous un bus ! C’est la psy de l’hôpital qui m’a sauvée : grâce à elle, j’ai compris qu’il fallait que je change de vie et d’envies. Je devais prendre de la distance. La reconnaissance de mes pairs et de mon père était une quête inutile. J’ai réalisé que j’avais toujours été le “fils aîné” de la maison. A mon époque, les filles n’étaient pas très valorisées. Mes copines d’école, à Charleville-Mézières, étaient toutes amoureuses du héros de “Belle et Sébastien”. Moi, la scout, j’étais Sébastien ! Je rêvais d’entrer aux Beaux-Arts ou à l’école hôtelière de Lausanne, mon père m’a dit : “Passe ton bac C”, espérant secrètement que je prépare l’ENA. J’ai fait Sup de Co à Reims, j’ai monté ma propre boîte et créé les premiers “clubs d’entreprise” avant de m’expatrier aux Etats-Unis. Grâce à la psy, Perceval avait trouvé son Graal ! Après l’accident, je me mets à la recherche d’un vignoble dans le Sud-Ouest. Sur le chemin, en Auvergne, je m’arrête dans un très joli village médiéval, “ressuscité” par une vieille copine que j’avais perdue de vue : Saint-Arcons-d’Allier. Coup de foudre. Je m’entends lui dire : “Appelle-moi si tu as des soucis.” Trois mois plus tard, son affaire est à vendre. J’ai investi quinze ans d’économies pour redonner une âme à ce lieu sublime. Cet endroit est unique : le village est l’hôtel, les rues, ses couloirs, et les maisons, ses chambres. Ce lieu magique est l’enfant que je n’ai pas. Je deviens mère de famille nombreuse. Je suis au four et au moulin de 7 heures à 1 heure du matin, je fais plaisir et je “me” fais plaisir : j’ai une clientèle de couples d’amoureux, j’adore soigner la mise en scène de leur idylle qui se déroule sous mes yeux. La psy m’avait conseillé de mettre de la fantaisie dans ma vie, de la rendre ludique. Elle avait raison. Je suis enfin sereine. Il y a un crapaud qui veille aux portes de mon château. C’est un signe : un jour, mon prince viendra !
Les maladies qui interviennent au cours d'une vie ne sont pas uniquement des fatalités. Certes, des facteurs extérieurs peuvent participer à leur déclenchement. Mais nous devons admettre aussi que nous portons une grande part de responsabilité. Nous pouvons donc, ou plus exactement nous devons être "acteurs" de notre guérison, c'est notre mission ! C'est l'esprit des 7 notions que nous diffusons à l'attention des personnes atteintes au cours de leur vie d'une grave maladie.
Pour approfondir la 4ème de ces notions à travers des explications théoriques, mais aussi grâce à des témoignages, cliquez ici : "Changer ici et maintenant"