Les aidants et leur vie professionnelle

Lorsque le hasard de la vie nous conduit à aider une personne gravement malade et qui nous est proche, le plus souvent, nous n’y sommes pas préparés. Et de surcroit, quand on prend soin d’un proche en parallèle d’une journée de travail, aux soucis affectifs s’ajoutent des problèmes logistiques. Que l’on soit salarié, indépendant, artisan, ou dirigeant, concilier vie professionnelle avec sa nouvelle qualité d’aidant n’est pas exercice aisé.
C’est que les emplois du temps deviennent très rapidement compliqués : courses, rendez-vous médicaux, démarches administratives, tâches ménagères, repas, … Dans certains cas, il faut aussi assumer les levers et les couchers. Cet ensemble de nouvelles tâches demandent du temps, consomment beaucoup d’énergie, et réduit à la portion congrue les activités de loisirs et même les temps de repos. C’est la course permanente : plus le temps de s’occuper de soi.
Certains essaient de tenir le coup, coûte que coûte, mais très rapidement des conséquences apparaissent aux yeux de tous. Fatigue, sautes d’humeur, problèmes d’attention et repli sur soi.
Les personnes de l’entourage, au courant de la situation exceptionnelle à laquelle l’aidant doit faire face, se montrent compréhensives au début, puis ont tendance à s’éloigner peu à peu. Alors qu’en est-il pour ceux qui ne savent pas ? Qu’en est-il pour les collègues de travail ? Qu’en est-il pour son patron lorsque l’on est salarié ?
Si l’on veut absolument tenter de concilier sa vie professionnelle avec celle d’aidant, on n’a pas d’autre choix que celui d’en parler.
Le problème est bien là. Par pudeur, pour se ménager une vie professionnelle « normale », ou quel qu’en soit le motif, lorsque l’aidant n’a pas osé en parler à ses collègues, et encore moins à son patron, la situation ne tarde pas à lui échapper.
Car ce n’est pas parce que l’aidant n’en a pas parlé, que tout passe longtemps inaperçu. Retards, absences, erreurs, sautes d’humeur… Les signes s’accumulent. Les crispations peuvent dégénérer. Le silence peut tendre les relations avec ses collègues, le mener à la dépression… et même au licenciement.
Voilà pourquoi il est préférable de ne pas attendre d’être acculé pour exprimer les difficultés auxquelles on se trouve nouvellement confronté.
Mais à qui exprimer ses difficultés et ses besoins dans son milieu professionnel ? À qui et comment se confier ?
Quelle que soit la taille de l’entreprise, des interlocuteurs existent. Dans les petites structures, on privilégiera son patron ou une personne de confiance qui saura attirer son attention; dans les plus grandes entreprises, son responsable hiérarchique immédiat, un représentant élu du personnel. Et si l’on ne peut avoir confiance en personne, il y a toujours la possibilité de s’adresser au médecin du travail.
Le dialogue reste toujours la meilleure option pour peu que les parties soient raisonnables et constructives. Car des solutions existent : congés spécifiques, aménagements des horaires ou du temps de travail, solidarité entre collègues et dons de jours de repos, accès à des services sociaux d’entreprise. Parfois, il existe des plateformes d’appel qui peuvent aider à trouver des dispositifs d’aides.
Cela ne veut pas dire qu’il existe toujours des solutions. Ne dit-on pas qu’à l’impossible nul n’est tenu et que « Super-aidant » a aussi ses propres difficultés et faiblesses ? Néanmoins, pour obtenir de l’aide et ne pas se battre seul, encore faut-il en demander. Voilà pourquoi la pire des options reste celle de se taire.
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