« Mon handicap est une chance » (Marie Bochet)

Les étoiles plein les yeux, c’est Marie Bochet, 20 ans, quadruple médaillée d’Or aux JO de Sotchi, qui l’affirmait haut et fort dans l’émission d’Yves Calvi sur RTL le 18 mars 2014 (Pour regarder la vidéo, cliquez ici)
4 ans plus tard, j’ai retrouvé cette archive alors que je me renseignais avec curiosité sur cette jeune femme pétillante de 24 ans, multi médaillée aux JO Paralympiques 2018 de PyeongChang.
Mais qu’est-ce-qui motive des personnes à dépasser leur handicap et à se surpasser pour devenir des athlètes ? Étaient-ils déjà prédestinés à briller sur les podiums, qu’ils aient été valides ou non ? Sont-ils donc doués d’une force mentale exceptionnelle, que la majorité des gens n’ont pas ?
Bien entendu, chaque athlète handisport a son propre vécu. Cependant, tous ont décidé, à un moment de leur histoire, de vivre avec leur handicap, de le respecter – de se respecter -, et de l’intégrer pleinement à leur quotidien. À chacun a sa méthode : celle de Marie Bochet est de personnaliser son avant-bras gauche handicapé, lui parlant comme à un ami et le remerciant pour l’avoir menée jusqu’aux podiums.
Vivre avec son handicap ou sa maladie, cela signifie bien sûr accepter de ne pas ou plus pouvoir effectuer certains gestes. Mais cela signifie aussi et surtout d’identifier tout ce que l’on peut encore réaliser. L’étape ultime est de considérer que l’on est même plus heureux avec la maladie ou son handicap que sans ! Et c’est bien ainsi que le vit notre championne paralympique, quand elle qualifie sa malformation de « chance ». Sans son agénésie, elle n’aurait pas participé aux JO paralympiques.
Notez que, pour réaliser quelque chose, il faut d’abord avoir un projet et se donner les moyens d’attendre son objectif. C’est d’ailleurs la différence fondamentale avec le rêveur, lequel visualise la ligne d’arrivée mais ne passe jamais à l’action.
Dans nos contrées occidentales, la possession est valorisée. Avoir une maison, un bon boulot, des enfants, un mari / une femme, un chien et des vacances. C’est devenu un enjeu de vie.
Dans la pensée orientale, c’est le chemin que l’on parcourt qui est considéré comme menant au bonheur.
Marie Bochet l’a bien compris : elle ne visait pas de médailles, et elle affirme même ne pas être compétitrice. Elle souhaitait juste profiter de sa chance de participer aux JO paralympiques. Pour cela, elle s’est entraînée avec ardeur et motivation.
Avoir un objectif ou un projet n’est donc surtout pas synonyme d’enjeu.
Un enjeu conduit à deux et uniquement deux alternatives : réussir ou échouer. Bien sûr, la réussite est un formidable coup de boost. Mais échouer engendre une cascade d’émotions négatives, qui peuvent être un coup d’arrêt aux progrès.
Alors, quand on sait qu’il faut en moyenne 6 réussites pour se remettre d’un seul échec, prenez garde à ne pas associer votre guérison à un enjeu !
Aussi, pour progresser et garder foi en vous :
– Fixez-vous des objectifs réalistes et réalisables, qui ne soient pas des enjeux.
– Révisez-les régulièrement, qu’ils soient trop ambitieux ou pas assez.
– Enfin, arrêtez-vous régulièrement au bord chemin pour faire le point, et apprécier vos progrès.
Bonne guérison !
Pour aller plus loin et découvrir la 5è des 7 notions à intégrer lorsque l’on est atteint d’une grave maladie, cliquez ici : « Faire des projets »